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Questions-Réponses
La chirurgie ambulatoire est aussi sûre, voire plus sûre, que la chirurgie en hospitalisation classique.
Il est démontré que la chirurgie ambulatoire diminue les risques d'infections nosocomiales et de phlébite.
La mise en place d'une prise en charge et d'une organisation irréprochable permet de faire sur quelques heures, à qualité égale ce qui avant était réalisé sur plusieurs jours.
Parce que la chirurgie a progressé permettant d'obtenir un résultat identique avec des interventions moins invasives (plus petite cicatrice, moindre utilisation de drains). La chirurgie ambulatoire privilégie la chirurgie mini-invasive (coelioscopie) et la chirurgie par les voies naturelles (endoscopie).
Parce que l’anesthésie a progressé permettant d'obtenir un réveil rapide avec récupération immédiate sans douleur ni nausée. L'anesthésie en ambulatoire utilise une technique « multimodale » faisant appel à des anesthésiques locaux, différents médicaments contre la douleur qui vont additionner leur efficacité sans additionner leurs effets secondaires ; elle privilégie un jeûne limité au juste nécessaire (le plus souvent 6 heures pour les aliments et seulement 2 heures pour les liquides clairs : café, thé, jus de pomme, eau, sirop exclusivement).
Parce que pour réussir à faire sur quelques heures une prise en charge chirurgicale : accueil, passage au bloc pour l’intervention, passage en salle de réveil pour surveillance, retour dans l’unité d’hospitalisation pour réhabilitation (remise sur pied pour pouvoir rentrer à domicile), information du patient et remise de documents pour la médecine de ville (c’est à dire les médecins généraliste et spécialiste, les infirmiers libéraux qui vous soignent), il a fallu mettre en place une organisation efficace, basé sur l’anticipation et la préparation mais aussi sur l’information des patients.
Parce que pour pouvoir rentrer à domicile, il faut que la douleur, les nausées et vomissements, le réveil soit parfaitement maitrisée.
Parce que pour un retour à domicile il a fallu simplifier les pansements, supprimer les drainages.
Oui, à partir de l'âge de 3 mois et sans limite d'âge pour les adultes. La chirurgie ambulatoire est même à privilégier chez les personnes âgées en raison du moindre risque de perte de repères (de confusion) par rapport à une hospitalisation de quelques jours.
Il existe néanmoins des conditions pour pouvoir en bénéficier :
- avoir le téléphone et être apte à comprendre et appliquer les consignes de soins (pas de barrière du langage et hygiène facile à domicile),
- pouvoir être raccompagné le soir de votre intervention chirurgicale (prévoir 2 personnes pour raccompagner un enfant de moins de 10 ans opéré),
- ne pas demeurer seul (en dehors de certains cas) la première nuit après une anesthésie générale. Il est tout à fait possible et même recommandé de passer la première nuit avec un proche (famille, voisin ou amis), chez vous ou chez lui.
La chirurgie ambulatoire est une chirurgie sans risques majorés par rapport à une chirurgie en hospitalisation classique.
De retour à domicile vous n’êtes pas « abandonné » l’unité de chirurgie ambulatoire qui vous a pris en charge a transmis à votre équipe de soins de ville (médecin traitant, infirmiers à domicile, kinésithérapeute, pharmacien...) toutes les informations nécessaires à votre suivi. L’unité de chirurgie ambulatoire organise aussi la permanence des soins et reste joignable par téléphone pour répondre à vos difficultés une fois retourné à votre domicile. Il est très fréquent que l’unité de chirurgie ambulatoire vous rappelle le lendemain pour prendre de vos nouvelles.
Les enquêtes de satisfaction sont unanimes : les malades ayant pu bénéficier de la chirurgie ambulatoire sont satisfaits de ce mode de prise en charge et referait la même intervention dans les mêmes conditions.
Le point de vue des usagers a été exprimé par le Collectif Interassociatif sur la Santé (CISS) : il en ressort des avantages individuels et collectifs.
- Individuels : droit au « chez soi », brièveté du séjour hospitalier, sécurité avec moins d’infections nosocomiales, moins de thrombose (phlébite) post-opératoire.
- Collectifs : une démarche centrée sur le patient, des effets positifs sur la coordination du système de soin (en raison d’une meilleure transmission du dossier de l’établissement vers le médecin traitant), une économie des ressources de santé publique.
Le CISS allant plus loin propose même d’informer les patients que la chirurgie ambulatoire est devenu la règle en chirurgie, l’hospitalisation n’étant à envisager qu’en cas d’impossibilité.
Le demander est la façon la plus simple pour pouvoir en bénéficier, même si ce mode de pris en charge bientôt majoritaire (actuellement presque une opération sur 2) va devenir dans les années à venir la règle.
Non, le libre choix du patient est encore possible. Discutez-en avec votre médecin généraliste, le chirurgien ou l’anesthésiste qui vous propose la chirurgie ambulatoire.
Ils seront à même de vous indiquer les bénéfices, les risques, le coût respectif pour l’assurance maladie et le reste à charge pour vous en ambulatoire ou en hospitalisation.
L’assurance maladie a réalisé, en 2001, une grande étude qui a porté sur plusieurs milliers de patients opérés qui ont été suivis pendant plusieurs semaines où étaient comptabilisées les réhospitalisations, consultations, consommation de médicaments et durée d’arrêt de travail.
Les conclusions ont été très claires et en faveur de la chirurgie ambulatoire. Tous les items étaient favorables à la chirurgie ambulatoires, et les patients interrogés par téléphone étaient unanimes pour plébisciter l’ambulatoire faisant même le choix pour une future opération de ce type de pris en charge.
Les établissements de santé sont favorables à développer une chirurgie de plus grande qualité au moindre coût qui leur permet de redistribuer des moyens financiers vers les secteurs les plus démunis.
Les infirmières et aides soignantes recherchent de plus en plus des postes qui leur ménagent leur vie extraprofessionnelle sans travail de nuit ou de week-end.
Les chirurgiens et anesthésistes soucieux de la qualité ressenti et du moindre risque pour leurs patients favorisent de plus en plus la chirurgie ambulatoire.
Une problématique de tarification défavorable à l’ambulatoire (à hospitalisation pour intervention identique, le tarif reversé par l’assurance maladie à l’établissement de santé peut varier de 1 à 4 selon ambulatoire ou hospitalisation) rend dans certains cas la chirurgie ambulatoire déficitaire pour l’établissement. Cette problématique de tarification devrait s’effacer prochainement avec le tarif unique quelque soit la durée d’hospitalisation.
Voici quelques conseils :
- Veiller à amener le jour de vos consultations de chirurgie ou d’anesthésie votre dossier médical complet avec une ordonnance récente de votre traitement.
- Bien lire les consignes qui vous ont été données.
- Ne pas hésiter à écrire les questions que vous vous posez pour ne rien oublier de demander le jour de vos consultations. Toutes les questions sont bonnes à poser, il n’y a pas de questions superflues, il y a, par contre, beaucoup de questions qu’on oublie de poser.
- Passer à la pharmacie chercher les médicaments qui vous ont été prescrits pour votre retour à domicile ; cela vous permettra de rentrer tranquillement chez vous et directement sans risquer de devoir affronter file d’attente, pharmacie fermée ou non approvisionnée.
- Préparer des glaçons dans votre congélateur si un refroidissement de la zone opératoire vous a été conseillé.
- Préparer à l’avance repas légers et provisions pour vous permettre de vous reposer les premiers jours suivant l’intervention.
- N’oubliez pas qu’aucune décision importante ne doit être prise dans les 24 heures suivant une anesthésie générale.
- N’oubliez pas que la conduite est à éviter dans les premières 48 heures.
Oui, prévoyez cette éventualité (affaires pour la nuit, pyjama, toilette, rasage).
Même si dans 98% des cas le retour à domicile est possible, il est parfois nécessaire de rester la première nuit pour des raisons variées : difficultés ou imprévu lors de l’intervention, complication, saignement, récupération insuffisamment complète de l’anesthésie, etc...
Pour votre retour à domicile, des prescriptions de médicaments, des consignes post-opératoires et parfois un arrêt de travail vous ont été remis. Il n’est habituellement pas nécessaire de contacter votre médecin traitant dans les premiers jours. En cas de difficultés, vous pouvez contacter l’unité de chirurgie ambulatoire où vous avez été pris en charge. Un numéro de téléphone figure sur les documents qui vous ont été remis à la sortie. Ce numéro est accessible 24h/24h.
Une date de rendez-vous avec votre chirurgien vous a été remise, il vous est possible de rappeler votre chirurgien ou son secrétariat pour éventuellement avancer ce rendez-vous.
Votre médecin traitant a été tenu informé de votre hospitalisation et a reçu toutes les informations vous concernant (compte-rendu opératoire, courrier d’hospitalisation, double des prescriptions). En cas de besoin vous pouvez le joindre, notamment en cas de reprise de certains traitements (anticoagulant par exemple), ou de surveillance biologique (prise de sang ou examen d’urines). Dans ces cas, votre médecin a été destinataire des résultats. Il pourra ainsi adapter votre traitement.
Non, il n’est plus nécessaire d’être hospitalisé pour être opéré.
Aujourd’hui, une intervention chirurgicale sur 2 est réalisée en « ambulatoire ». Demain la question sera : pourquoi se faire hospitaliser ?
L’hôpital avec hébergement sera toujours là pour les interventions très lourdes : transplantations d’organe, chirurgie cardiaque et pulmonaire par voie ouverte, neurochirurgie complexe, nécessité d’une réanimation post-opératoire, les urgences vitales (péritonite, polytraumatisme, césarienne...)
L’hôpital de demain sera ambulatoire pour pouvoir redistribuer ses ressources aux patients les plus lourds, aux maladies les plus coûteuses.
